Tout comme l’amour, la jalousie est un sentiment universel. Elle motive presque un quart de tous les meurtres et elle est un facteur majeur de violence domestique. Tous le monde connaît ce sentiment. Mais comment devons nous la gérer?

La jalousie n’est pas une émotion en soi. En fonction de la personne, de la relation, de la situation et de la culture, la jalousie est un mélange de diverses émotions, dont les plus courantes sont l’envie, la colère, l’anxiété, la tristesse, la honte, la culpabilité, ainsi qu’un désir sexuel  et un sentiment amoureux plus vifs. La jalousie est donc une configuration de sentiments, de pensées et d’actions correspondant au modèle de ce qu’est la jalousie dans une culture particulière pour une personne particulière. Si vos modèles personnels et culturels prescrivent qu’une personne jalouse est furieuse et doit l’être, ,la colère dominera vos pensées et vos actes. Si vos modèles prescrivent que la jalousie est un signe d’amour, vous prouverez peut être votre amour en la manifestant.

IL Y A DEUX DIRECTIONS

Même si les modèles habituels de stimuli déclencheurs, d’émotions et de comportements varient très largement selon les cultures et les personnes, ces configurations de la jalousie semblent être universellement activées quand nous estimons (parfois inconsciemment) que notre relation, réelle, imaginaire ou souhaitée, avec l’être aimé est menacée ou détériorée par un rival réel ou potentiel. Cette menace ou cette détérioration prend deux directions. La première est celle de notre sentiment d’identité et de valeur personnelle. La menace (ou la détérioration) vise le sentiment que nous avons de notre attrait physique et émotionnel, notre statut social dans notre communauté ou notre cercle d’amis, ou cette partie de l’identité liée au « toi-moi » caractéristique d’une relation. L’autre direction que prend la menace est celle des récompenses matérielles ou émotionnelles , réelles ou potentielles, de la relation comme le plaisir sexuel, l’évitement de la solitude, le partenariat financier et les activités récréatives partagées.  Ces menaces jumelles qui déclenchent la jalousie sont inextricablement liées, mais peuvent conduire à différentes actions. Si je me compromets dans une tentative désespérée pour maintenir la relation, je met en danger mon estime de soi en me lançant dans une nouvelle liaison pour me prouver que je plais toujours, je risque de détériorer ma première relation. Rien d’étonnant donc, à ce que la jalousie et le sentiment amoureux soient deux expériences pouvant rendre pour le moins un peut fous des gens même très pondérés.

DES HOMMES EN COLERE

En général, les recherches semblent indiquer que les hommes et les femmes de toutes cultures sont presque autant enclins a être jaloux , c’est à dire à être dans une configuration de la jalousie. Il semble toutefois que cette configuration présente des différences constantes entre les sexes. L’homme jaloux, par exemple, du moins dans les cultures occidentales sur lesquelles portent la plupart des recherches contemporaines, semble être plus en colère et pendant plus longtemps, concentrer son attention sur la menace sexuelle ressentit, avoir des fantasmes obsédants de vengeance, ou d’image d’actes sexuel entre son rival et sa bien aimée. Les relations semblent plus difficiles a réparer que quand c’est la femme qui est jalouse. La femme jalouse est plus encline à la tristesse, à l’anxiété; elle concentre davantage son attention sur la relation réelle ou imaginaire entre son bien aimé et sa rivale que sur leurs actes sexuels.

LA CIBLE

Que faire si vous êtes jaloux, ou si vous êtes la cible de la jalousie de quelqu’un, et si vos tentatives de solution ne réussissent pas? Essayez d’abord de découvrir si la jalousie en question est symptomatique, réactive ou tout simplement normale. La jalousie amoureuse peut se manifester par des états symptomatiques ou des fantasmes se produisant, par exemple, au cour d’une profonde dépression, d’une psychose maniaco-dépressive, d’une schizophrénie active. Elle peut aussi être la conséquence d’une démence, d’un abus d’alcool, de drogues, ou d’une dépendance à ces substances. La jalousie réactive est la jalousie amplifiée par un traumatisme de longue date ou par une personnalité inflexible. La perte précoce d’un parent ou d’un partenaire amoureux peuvent faire paraître les menaces aux relations amoureuses plus réelles et plus désastreuses. Certaines personnes scrutent de manière chronique chaque signe de menace ou de perte, et réagissent de manière excessive au moindre soupçon de l’existence d’un rival.

Les personnes particulièrement extrêmes ou rigides souffrent souvent, en plus de la jalousie, d’un certains nombres de problèmes interpersonnels de longue date. Les jalousies symptomatique et réactives requièrent en général une aide professionnelle individualisée, tant pour le partenaire jaloux que la personne aimée. Il est peu probable que vous parveniez seul a apaiser ces formes de jalousie. Si vous tentez de calmer la jalousie symptomatique ou réactive de votre partenaire en satisfaisant ses demandes liées à sa jalousie, cela risque de se retourner contre vous et de mettre encore plus en danger votre bien être psychologique et physique personnel. Demandez conseil à des professionnels pour vous aider à discerner ce que vous devez faire, mais le soutien psychologique pour couple ne semble pas suffire pour dissiper une jalousie symptomatique ou réactive. Nous qualifions de normale toute jalousie qui n’est pas symptomatique ou réactive, et la plupart des couples y sont confrontés un jour ou l’autre, même dans des relations à très long terme. Si vous avez établi une bonne base de confiance et de communication dans votre couple, vous pourrez en général résoudre ensemble votre problème avec sincérité et franchise.

 

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